Evidemment, les étangs attirent aussi de nombreuses espèces d'oiseaux, d'insectes, de reptiles, de mammifères qui sont autant de gains co-latéraux pour la richesse naturelle du parc. Je vous propose donc aujourd'hui un petit safari photographique effectué le 14 mai, où je vous passerai les foulques, colverts, hérons cendrés et autres ragondins pour dévoiler d'autres bestioles un peu moins classiques. Bon safari !
Le safari commence au sud-est du parc, à l'étang de Durris. On aperçois bien quelques foulques et colverts, que je ne mentionnerai plus à cause de leur omniprésence, mais le premier oiseau digne d'intérêt en un limicole charadriidé (petit bec, pattes courtes) appelé le Grand Gravelot (Charadrius hiaticula), petit échassier amateur d'invertébrés aquatiques gluants (Miam !) qui déterre de la vase avec son bec orange à pointe noire. A ne surtout pas confondre avec le Petit Gravelot (Charadrius dubius) au bec noir ou avec le Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus) aux couleurs plus ternes (mais qui ne fréquente pas la Brenne, de toutes façons).
Après ce second intermède entomologique, poursuivons notre safari et arrêtons-nous un instant devant les étangs Foucault, dont le nom me fait immanquablement penser à l'animateur génial de Qui veut gagner des millions ?.
Ce canard est :
- Réponse A : le monstre du Loch Ness
- Réponse B : Lucas Michelot
- Réponse C : une sarcelle d'été
- Réponse D : un éléphant de mer hongrois
La Sarcelle d'été (Anas querquedula) est l'opposé saisonnier de la Sarcelle d'hiver, que nous avons traitée dans un article antérieur. Plus grande, elle est aussi moins colorée : le mâle se contente d'une barre blanche sur la tête. Comme leurs noms l'indiquent, on l'observe en été, alors que sa cousine se rencontre en hiver.
Voici un nouveau limicole : le Chevalier aboyeur (Tringa nebularia). Contrairement au Grand Gravelot, c'est un scolopacidé (long bec, grandes pattes). Il est plus aquatique, et chasse les larves et les petits mollusques en eau peu profonde. En eau vive, il paraît qu'il peut même attraper des alevins (d'après le guide Delachaux et niestlé).
Enfin, le safari se termine en beauté avec l'apparition bienveillante d'un coucou (Cuculus canorus) en train de chanter au sommet d'un chêne. Comme chacun le sait, le Coucou est un parasite de la reproduction : une fois le printemps venu, la femelle pond un unique oeuf dans le nid d'un autre oiseau (Fauvettes et Rougegorge, entre autres). Une fois éclos, le jeune coucou détruit les autres oeufs pour être le seul à être nourrit par les parents, d'ailleurs avec le plus grand zèle. Devenu trop gros pour tenir dans le nid, il prend alors son envol pour perpétuer la tradition.
Bon, le safari est fini, j'espère que ça vous a plut. Maintenant, vous savez quoi faire de vos week-ends : à condition de ne pas habiter trop loin, équipez-vous d'une bonne paire de jumelles, d'un bon guide ornitho et passez faire un tour en Brenne, pas besoin de pique-nique il y a un super restaurant à Rosnay.