jeudi 11 septembre 2008

Quelle-est donc cette chose ?

Voici la deuxième édition du petit jeu "que représente cette photo ?". Les règles sont simples : vous regardez la photo ci-dessous et si vous avez une idée, vous me le dites dans les commentaires. Je vous répondrais et je publierais la réponse dans une semaine.
En attendant, cherchez bien.



Indice : cette image à un gros rapport avec un article de ce blog.

A bientôt.

mardi 2 septembre 2008

Mentalité déplaisante

Il existe encore ça et là quelque irréductible anti-écolo qui argumente leur opinion de façon fort précise. Vous verrez ci-dessous un dialogue entre un naturaliste en ballade et un de ces joyeux personnage. Ce texte est entièrement véridique, même les passages absurdes (vous verrez qu'il y en a).

Marclopt, bords de Loire. Un homme en cuissardes de pêcheur, un seau à la main, ramasse des mûres sur le bord du sentier. Bonjour, il me fait. J'apprécie. Sympa.
- Ca mord, je lui dit ? Il m'arrive parfois d'être hyper drôle. C'est tombé aujourd'hui. Parce que je suis bien, qu'il fait doux, qu'il n'y a pas de moustiques et que je vais voir les petits oiseaux en vélo.
- Il est bon le chemin en VTT ? Qu'il me fait. Et là j''appuie sur le patin à freiner car je sens bien que le quidam a envie de parler.
- Il est bien, je réponds. Il se referme un peu par endroits, j'ajoute en faisant allusion aux griffures provoquées par des ronces sur mes mollets de postier anémique.
- C'est pas finit...qu'il fait l'oeil sombre.
- C'est pas finit ? Je questionne en sentant qu'il y a un petit abcès à crever sans savoir lequel.
- Il a pas finit de se refermer le sentier. C'est à cause de ces cons d'écolos. Moi je les aime pas c'est tous des cons. C'est comme l'autre, leur chef là, le Kon...l'allemand là, j'sais pas quoi, qui se la pète d'avoir fait 68 ! Et bien il avait un fusil dans sa voiture !
- Ah bon, que j'fais dépité. C'est horrible.
- Moi je suis pêcheur depuis l'âge de 12 ans et j'en ai 78 ! Vous vous rendez compte ?
- Pas bien, je fais en prenant l'air le plus compatissant possible.
- Et bien j'ai jamais vu ça ! Ils cassent la nature. Moi j'participe à leurs réunions avec l'autre directeur là, et je leur dit que c'est tous des cons.J'me gêne pas !
- Ah...
- Alors je vous le dit, les écologistes ça sert à rien, il en faut d'accord, mais pas des cons. Et il n'y a que des cons ! Je ne les aime pas.
Quelques guêpiers nous survolent. J'entends leurs cris. Je n'ose pas les regarder. Je ne veux pas avoir l'air de trop m'intéresser. Lâche.
- Moi j'adore la pêche. La friture. Je ne pêche que la friture. Et bien il n'y a plus rien. Plus rien. Avant il y avait de la vandoise, du vairon... plus rien. Plus de pêcheurs. Les sentiers ne sont plus entretenus. On peut plus venir en voiture jusqu'ici. A cause de tous ces cons ! Il n'y a plus que du chat. Vous connaissez ?
- J'en ai un, je dis.
- Pardon ?
- Un chat j'en ai un.
- Et bien ils ont lâchés des silures pour bouffer les chats.
- Mince.
- Et les silures ils ont bouffés tous les autres poissons. Sauf les chats. C'est malin. C'est comme les cormorans. J'en ai jamais vu ici des cormorans depuis que je suis né. Et bien maintenant à cause des écolos il y en a de partout. Faut être con pour les protéger. Ca s'mange pas le cormoran. Sauf les oeufs. J'ai un copain qui a essayé. Il l'a tué, plumé, et bien même les cochons n'en ont pas voulu ! Ils cassent la nature je vous dit !
Je sentais bien que je n'aurai jamais dû dire que le sentier se refermait sur mes guiboles. Maintenant j'allais payer pour les autres. Tous les autres. La phrase de trop. Jusqu'à "ça mord" c'était bien mais après il n'aurait pas fallut lâcher les pédales.
- Et la renouée du japon !
Allons bon de la botanique maintenant, je pense en matant discrètement une rousserolle qui s'approche.
- Ils disent que ça fait 300 ans qu'elle est là. Moi ça ne fait que 5 ans que j'en vois. C'est eux tous ces crétins qui l'ont semé de partout. Ils détruisent tout !
Il mime le geste auguste du semeur. Je regarde mon guidon. Bertrand, qu'est-ce que t'aurais dit toi ? A la place du gars qui voulait juste faire une balade sympa sur le bord de Loire ?
- Et ils replantent des arbres. Vous savez des trucs qui piquent là. Des... mais pire. Et ils mettent des panneaux devant.
- Des accacias ?
- Oui. C'est ça. Des accacias. Mais une autre espèce avec des épines comme ça ! (il montre au moins six centimètres d'épine)
J'ai vu ça en Guyane. C'est pas sympa de mettre ça au bord de la Loire.
- Après on se transperce les mains si on y touche. La Loire sauvage, qu'ils disent ces cons d'écolos. La Loire sauvage ! Ils ont qu'à mettre des bananiers et des lions ! Rendez vous compte, ici ils ont même lâchés des sphinx !
- Des sphinx ?
Là, j'voyais pas bien. J'ai d'abord pensé aux papillons. Ceux avec une tête de mort. Et c'est vrai que c'est pas cool de se balader avec une tête de mort sur le dos devant les gens. Je peux comprendre.
- Heureusement les chasseurs les ont dégagé !
- C'est quoi les sphinx ? Je fais l'air un peu benêt.
- C'est comme un chat. Plus gros avec des poils plus longs. Et des grandes oreilles.
Des lynx. Je pige. Tout se fait vraiement en douce. Personne ne m'avait rien dit.
- Voilà, des sphinx. Ils cassent la nature. Et avec leurs caisses de serpents pareil. J'en ai encore trouvé ce matin. Rouge avec des ronds sur le côté.Vous savez ce que c'est ?
- Une boîte de smarties ?
- Une vipère ! Quand je me suis approché elle m'a sauté dessus. Je lui ai dit "attend, garce tu vas voir !" Elle a pas recommencé ! Ca pique ça. C'est comme le barbeau.
- le barbeau ?
- Vous connaissez pas ? Un corps allongé, épais avec de la barbe.
- Ben ?
- Personne ne veut en manger. C'est délicieux mais ça pique. Et moi je sais les cuisiner. Au vinaigre. Je les fait mariner 7 jours. Après on ne sent plus les arrêtes.
Et mon quidam m'a donné gentiment la recette du barbeau mariné qu'il tient de sa mère qui elle même...
Bref, je vous épargne les ingrédients et d'autres allégations croustillantes sur les cons...
- Echappez pas vos mûres, que je lui ai dit. C'est toujours ça que les écolos n'auront pas.

Il y a des rencontres qui valent leur pesant de ragondin. Ca se passe chez nous, dans la Loire en 2008 et c'est aussi de l'ornitho !

Vincent Brouallier


Des type comme ça, j'espère bien qu'on en fait plus. Si vous partagez l'opinion de ce monsieur (surtout le passage "écolos : tous des cons"), je vous prie d'argumenter votre point de vue dans les commentaires. J'y répondrais sans faute. Si, en revanche, vous réprouvez ce genre de pensée rétrograde, je ne peut que vous féliciter chaudement.
Et vive les écolos !

A bientôt.

mardi 26 août 2008

Tétragnate

Je vous ai déjà parlé des araignées des maisons (je le referais surement), mais vous trouverez celle-ci le plus souvent au bord de l'eau (et même au dessus si possible). La tétragnate (Tétragnatha sp. , le "sp." signifie qu'il ne s'agit pas d'une espèce en particulier car il en existe plusieurs) est facilement identifiable grace à sa forme alongée et à ses très longues pattes. Elle place souvent ces dernières dans le prolongement de son corps, ce qui lui donne l'air d'une brindille et la protège de ses prédateurs. Elle peut atteindre la taille de 3-4 cm avec les pattes et se repère assez facilement au dessus d'un plan d'eau, jamais bien loin de plantes aquatiques.

La tétragnate se tient toujours en dessous de sa toile (elle même tendue presque à l'horizontale). Si elle adopte cette position ce n'est pas pour faire son interessante mais plutôt pour pouvoir fuir rapidement. Si elle se sent menacé, elle se laisse tomber, atterrit sur l'eau et cours (oui, elle marche sur l'eau) se cacher dans la végétation.

La tétragnate est ornée de plusieurs couleurs et de nombreux motifs, dont les plus beaux sont situés sur le dos. Malheureusement il est très dificille de prendre une photo du dos de cette araignée puisqu'elle se tient le ventre en l'air juste au dessus de l'eau. J'ai du me contorsionner comme une anguille scoliosée pour prendre la photo ci-dessus (celle d'en dessous aussi d'ailleur).
La toile de la tétragnate peut atteidre une taille assez importante (environ 25 cm de diamètre au maximum) ce qui lui permet de prendre quelques proies assez conséquentes. Celle-ci à attrapée un taon de belle taille et est en train de le siroter tranquillement.

Les tétragnates sont très, très courantes dans les plantes bordant et baignant dans un point d'eau (joncs, roseaux...). Cepandant, leur finesse leur permet de passer souvent inapercue. C'est pourquoi il est parfois necessaire de les chercher un peu. De plus, elles sont souvent plus petite, donc plus discrètes, que celle que j'ai prise en photo (il s'agit d'un seul individu, une femelle). Cherchez bien !

A bientôt.

mardi 19 août 2008

Caloptérix vierge

Quel animal biscornu, quelle plante étrange peut bien se cacher sous le nom barbare de Calopterix ? Eh bien ce n'est ni un oiseau coloré, ni un fauve sauvage, ni une plante carnivore mais tout simplement une libellule (encore une).Le Caloptérix vierge est un zygoptère, c'est à dire une de ces petite libellules qui volent en papillonnant et ferme leurs ailes sur leur dos quand elles se posent. Les Caloptérix (quatre espèces en France) sont reconnaissables à leurs couleurs métallisées, leurs ailes colorées (chez les mâles) et leur taille plus importante que les autre zygoptères. Ils vivent tous à proximité des petit cours d'eau bordés de végétation. Le Caloptérix vierge est assez exigeant pour la qualité de l'eau : il ne s'installera pas si la rivière est polluée.

On peut reconnaître cette espèce grâce aux ailes presque totalement bleues sombre des mâles. Les femelles sont beaucoup plus difficiles à différencier.

La couleur bleu-vert électrique du corps des mâle est magnifique. Elle change selon l'orientation et l'intensité de la lumière. La femelle à une teinte vert-doré tout aussi brillante et admirable, mais je n'en ai aucune photo.

Promenez vous assez tôt le matin au bord d'une rivière, quand le soleil n'a pas encore réchauffé l'air. Vous verrez alors surement un grand nombre de ces libellules posés sur les feuilles en train de se réchauffer au rayons du soleil. Elles sont alors très endormies et peuvent même être attrapée à la main (comme expliqué dans l'article "Gomphes"). Pendant la journée elles arpentent le cours d'eau d'un vol papillonnant et sont facile à repérer. Si vous connaissez un ruisseau assez sauvage dans les environ de chez vous, n'hésitez pas à aller y admirer ces merveilleux joyaux volants.

A bientôt.